La Maladie d’Ali !
Celle-ci ne marchait d’ailleurs pas très bien. Les riches se barricadaient derrière les barreaux et des grilles, et ce qu’ils laissaient dehors n’avait pas grande valeur.
L’été, toutefois, quand portes et fenêtres étaient grandes ouvertes pour laisser entrer la fraîcheur de la nuit, Ali avait plus de chance. Une nuit, alors qu’Ali étendait le bras par une fenêtre dans l’espoir de dérober quelque objet de valeur, il entendit une vieille femme se lamenter.
« Pourquoi une vieille femme comme doit doit-elle tant souffrir ? Ce terrible gloup-gloup me fera mourir ! Gloup-gloup ! Terrible gloup-gloup ! Je ne te survivrai pas une nuit de plus ! »
Le sang d’Ali se glaça dans ses veines, glap gloup-gloup ! Que pouvait donc bien être cette terrible maladie ? Et surtout, comment diable s’attrapait-elle ?
« Peut-être seulement en respirant le même air ! » pensa Ali effrayé. Ali sentit déjà une sueur froide couler le long de son dos.
Ali rentra à toutes jambes à la maison. Mais bientôt ses jambes refusèrent de le porter et, dans sa précipitation, il butait sur chaque caillou et manquait de tomber.
« Tu rentres de bien bonne heure, s’étonna sa femme. Qu’est-ce que tu nous ramènes de beau ?
- Gloup-gloup ! Voilà ce que je ramène. Le terrible gloup-gloup ! Femme, va chercher le docteur, je vais mourir ». Inquiète, sa femme courut chercher le docteur.
« Ali a attrapé le gloup-gloup, lui dit-elle. Est-ce grave, Docteur ? »
La brave femme était persuadée que le docteur avait un remède contre toutes les maladies. Et le docteur se garda bien de lui dire qu’il n’avait jamais entendu parler de ce terrible gloup-gloup. L’air soucieux, il regardait Ali tassé au fond de son lit.
« On dirait que c’est sérieux », pensa Ali. « Je vais mourir ».
« Voyons, voyons, dit le docteur, que cette nouvelle maladie intriguait. Où as-tu bien pu attraper cette… euh…. Ce gloup-gloup ?
- Dans la maison d’une vieille femme, répondit Ali. Je passais par hasard et sa fenêtre était ouverte. Je me suis dit que l’imprudente avait peut-être laissé traîner quelque objet de valeur. Il y a tant de voleurs, vous savez !
- Je sais », dit le docteur.
Le docteur se rendit chez la vieille femme.
« Que faire ? » hésitait-il devant la fenêtre ouverte. « Dois-je rentrer ? Mais que se passera-t-il si j’attrape moi-même ce terrible gloup-gloup. Je pourrais même mourir ! »
« Oooh gémit alors la vieille femme à l’intérieur de la maison. Qui pourra un jour me délivrer de cette souffrance ? Je ne supporterai pas ce terrible gloup-gloup une minute de plus ! »
Elle aperçut tout à coup la silhouette à la fenêtre. « Qui est là ? S’exclama-t-elle en se redressant d’un bond sur le lit. Vous n’avez pas honte de regarder comme ça la nuit chez une vieille femme. Vous auriez pu me faire mourir de peur ! »
« Elle n’a pas l’air trop malade ! » pensa le docteur rassuré.
« Je suis venu pour ce terrible gloup-gloup, dit-il.
- Vous êtes plombier ? Demanda la vieille femme.
- Non, s’étonna le docteur. Je suis médecin.
- Que voulez-vous que je fasse d’un médecin, s’écria la vieille femme sèchement. Je ne suis pas malade !
- Vous n’êtes pas malade ! Ne souffrez-vous pas du terrible gloup-gloup ?
- Le terrible gloup-glouop ! Le terrible gloup-gloup ! S’exclama la vieille femme dans un grand éclat de rire. Le voilà votre terrible gloup-gloup ! »
Elle montra au docteur le robinet qui gouttait au-dessus de l’évier. Gloup-gloup ! Gloup-gloup ! Gloup-gloup ! Faisaient les gouttes en tombant dans l’évier. « Pourriez-vous me guérir de cela, Docteur ? » se moqua la vieille femme.
Plus tard, quand il arriva chez Ali, le docteur trouva lui-même son idée saugrenue, mais qu’importe, il arborait à nouveau son air grave.
« Je peux te guérir de ce terrible gloup-gloup, dit-il sentencieusement à Ali. Mais ce ne sera pas facile.
- Pauvre de moi ! Gémit Ali au fond de son lit.
- Mais si tu dois pour toujours rester un voleur, continua le docteur, je ferais peut-être mieux de te laisser mourir.
- Je ne volerai plus, Docteur. Je vous le promets. »
Le docteur tendit un verre d’eau à Ali. Ali le but fébrilement. « C’est un miracle, Docteur, s’écria Ali en se levant d’un bond. Je me sens déjà mieux.
- C’est déjà bien, dit le docteur. Mais le vrai miracle serait que tu arrêtes de voler. »
Et, à sa grande surprise, Ali tint parole. Il devint artisan. On le vit bientôt réparant ici, construisant là, et son nouveau métier plaisait beaucoup à Ali : il travaillait enfin à la lumière du jour, sans se cacher, et il rencontrait beaucoup de gens. En un rien de temps, Ali se fit beaucoup d’amis.
On dit que son premier travail fut de réparer un robinet qui fuyait chez une certaine vieille femme. C’est le docteur qui l’y avait envoyé.
L’éléphant et la souris !
Celle qu’il faisait le plus souffrir était une petite souris qui vivait au bord de la rivière. Il remplissait sa trompe d’eau et inondait toute sa maison. La pauvre souris ne savait pas nager, il lui était donc fort difficile de lutter contre l’eau pour s’enfuir. De plus, elle était chaque fois obligée de construire une nouvelle maison pour ses souriceaux. Et où qu’elle déménageât, l’éléphant la retrouvait toujours.
Un jour la petite souris décida de se rendre au village pour demander de l’aide aux hommes, car l’éléphant leur faisait autant de mal qu’à elle.
Elle s’adressa d’abord aux riches, mais ceux-ci préférèrent se cloîtrer dans leurs maisons, estimant que leurs portails en fer pourraient les protéger contre tout danger :
« Nous pouvons nous mettre à l’abri de l’éléphant, et nous n’avons que faire du mal qu’il peut causer aux autres.
- Nous, nous n’avons rien pour combattre répliquèrent les pauvres. Nos mains sont vides, et qui oserait affronter un tel animal sans armes ?
- D’accord, je vois que je vais devoir déclarer la guerre à cet éléphant toute seule, rétorqua la souris. Faites attention, une fois le combat commencé, prenez vos bien et sauvez-vous, sinon vous perdrez tout ! »
Les pauvres promirent d’obéir à la petite souris, mais les riches se contentèrent de rire.
« Comment une si petite souris pourrait-elle combattre un énorme éléphant ? »
La souris était certes petite mais elle était rusée et avait déjà un plan. Comme l’éléphant venait à son habitude à la rivière pour s’abreuver, la petite souris le guetta. Quand le moment fut venu, elle se faufila discrètement dans sa trompe, s’y dissimula puis se mit à sautiller, à mordre et à gratter avec ses griffes.
L’éléphant ne sachant pas ce qui lui arrivait, l’élança hors de la rivière comme un fou. Les pauvres, dès qu’ils entendirent ses barrissements, s’enfuirent juste à temps dans la forêt. Mais les riches, se croyant protégés par leurs portails, perdirent tous leurs biens car rien n’était assez solide pour arrêter l’éléphant. Dans sa colère, il écrasa tout sur son chemin. Il courut loin du village tout en secouant sa trompe pour se débarrasser de cette chose étrange qui le faisait souffrir.
Une fois la nuit tombée, la souris se glissa hors de la trompe de l’éléphant et s’achemina vers sa maison. Les hommes l’attendaient pour louer son intelligence et la remercier d’avoir libéré le village de l’ennemi. Et, en effet, l’éléphant ne revint plus jamais en ces lieux.
La petite souris avait su affronter l’énorme éléphant. Cela peut sembler étrange qu’une si petite souris se joue d’un gros éléphant mais la force seule ne fait pas tout.
Pour ceux qui ne se rappelle plus de cette histoire .....
Dédale et Icare !
Devant ses édifices, chacun se demandait si c’était là un œuvre divine ou bien une construction humaine. Quant à ses statues, la légende rapporte qu’elles semblaient vivantes.
Un jour, Dédale partit avec son petit garçon Icare vers l’île de Crête. Le roi Minos fut très heureux d’y accueillir le fameux artisan : il cherchait justement un architecte capable de construire une prison parfaite pour le Minotaure, un monstre à tête de taureau et au corps de géant, nourri de victimes humaines par le cruel souverain.
Dédale inventa pour lui un labyrinthe où les sentiers s’entrecroisaient, contournaient les coins, s’enroulaient et se déroulaient comme un nœud de vipères. L’être monstrueux y fut enfermé et, lorsque l’ensemble fut terminé, Dédale sortit le dernier du sinueux labyrinthe en effaçant lui-même toutes les traces indiquant le chemin à suivre.
Minos organisa alors une grande fête en l’honneur de l’ingénieux inventeur. Mais ni gloire ni les cadeaux ne donnèrent l’envie à l’artisan de rester en Crête ; sa patrie lui manquait.
Chaque soir il allait avec son fils Icare sur la plage et regardait vers l’horizon. Mais le malheureux voyait toujours le même paysage : une mer déserte, des rochers et des masses d’oiseaux tourbillonnant au-dessus de l’eau.
Il se mit alors à envier leur liberté. Bientôt, ces pensées l’obsédèrent jour et nuit. Il en perdit le sommeil.
Il étudia le dessin de leurs ailes, suivit attentivement leur vol du regard et élabora un plan secret de fuite. Après avoir ramassé des plumes de différentes longueurs, il se mit en cachette à l’ouvrage en les assemblant avec des fils de lin. L’ensemble fut fixé avec de la cire et délicatement courbé pour imiter la forme des ailes.
Il en construisit deux grandes pour lui et deux petites pour son fils. Ayant achevé son travail, il le regarda avec satisfaction.
« La Crête appartient sans doute au roi, pensa-t-il, mais le ciel est à moi. »
Le lendemain, Dédale réveilla Icare de bonne heure. Il attacha en premier ses propres ailes, les agita et s’éleva dans les airs. Puis il montra à son fils comment il devait se servir des siennes, tout comme un oiseau apprend à son petit à voler, Icare s’élança comme son père et se mit à rire de plaisir en tournoyant au-dessus des arbres et des falaises.
« Fais bien attention, recommanda l’artisan, ne vole pas trop haut, car le soleil ferait fondre la cire et flamber tes ailes. Ne vole pas non plus trop bas, car les vagues te mouilleraient et t’alourdiraient avant de t’entraîner au fond de la mer. »
Dédale embrassa son fils et tous deux s’envolèrent. Le père allait en avant et se retournait sans cesse pour surveiller son élève qui suivait scrupuleusement ses instructions Bientôt ils survolèrent la mer.
La Crète était déjà loin derrière eux et Dédale, heureux du succès de son entreprise, s’abandonnait à de joyeuses penses sur sa patrie qu’il allait enfin retrouver.
Quant à Icare, il battait l’air des ses ailes légères avec ravissement. Il aurait bien aimé s’élever un peu plus, mais, tant que son père se retournait, il n’osait pas lui désobéir. Maintenant que celui-ci, songeur, oubliait de le regarder, il en profita pour enfreindre les ordres.
Il s’envola plus haut, encore plus haut ; grisé par l’altitude il se mit à chanter. Mais pendant ce temps la chaleur faisait son effet et la cire des ailes fondait. De grosses gouttes jaunes tombèrent dans la mer. Les fils et les plumes se décollèrent et laissèrent passer le vent.
Icare battit l’air une dernière fois de ses bras nus et tomba en poussant un cri. Il périt noyé tandis que les crêtes étincelantes des vagues rejetaient une poignée de blanc duvet.
Entendant la voix de son fils, Dédale se retourna et l’appela. Personne ne lui répondit. Dédale se rapprocha de l’eau, la fouillant du regard. Il ne trouva que quelques plumes mouillées. Le cœur brisé, il se posa sur une île proche et quitta ses ailes.
Le soir, la mer lui rapporta le corps de son fils et le déposa sur la plage. Il creusa alors une tombe sous le ciel étoilé.
Puis il remis ses ailes et quitta l’ile, tournant le dos à sa patrie. Il se posa en Sicile où il édifia des constructions plus magnifiques que jamais. Mais il ne retrouva jamais la paix et le bonheur.
L’ïle où il enterra son fils a été appelée Icarie en souvenir de son tragique destin.
Le Roi aux pieds sales !
Un jour, le roi arriva dans un village qu’il ne connaissait pas.
Une petite fille s’approcha de lui pour mettre à son cou une guirlande de fleurs. Le roi lui accorda un sourire royal. La petite fille grimaça en fronçant le nez :
« Pouah ! Tu sens mauvais, dit-elle si fort que tout le monde l’entendit.
- Petite idiote ! Il est notre roi, et notre roi ne sent pas mauvais, s’écria sa mère en la tirant par l’oreille.
- Si ! Il sent mauvais ! Insista le petite fille. Tu ne te laves jamais ? Demanda-t-elle au roi.
- Et pourquoi me laverai-je ? Te laves-tu ? » demanda-t-il à un courtisan à côté de lui.
Le courtisan dut admettre qu’il se lavait, et même très souvent. Et tout ceux à qui le roi posa cette question répondirent la même chose. Le roi se sentit mal à l’aise.
« Aujourd’hui, déclara-t-il, je me lave. Ici et maintenant, dans cette rivière. »
Il y eut un grand remue-ménage et l’on dressa un paravent dans la rivière pour que le roi puisse se laver en paix. Tout le monde retint sa respiration quand le roi entra dans l’eau. Mais à peine le courant avait-il emporté les premières bulles de savon que le roi commençait à chanter.
« Il faudra que je me baigne plus souvent, dit-il en sortant de l’eau. Peut-être même dès l’an prochain. »
Il se sécha et enfila de magnifiques vêtement propres.
C’est alors qu’il remarqua que ses pieds étaient à nouveau sales.
Aurait-il pu seulement en être autrement : la berge était couverte de poussière !
Le roi retourna se laver les pieds mais, quand il revint sur la berge, ils étaient de nouveau sales. Il ordonna alors qu’on nettoie la berge, et tout le monde se mit à l’ouvrage. Alors, le roi ressorti de l’eau mais à peine avait-il fait quelques pas que ses pieds étaient encore plus sales qu’avant. Aurait-il pu seulement en être autrement : la berge détrempée était couverte de boue !
Le roi retourna dans l’eau, se lava les pieds et revint sur la rive, et cela plusieurs fois de suite. Et il le ferait encore si une fillette (vous aurez deviné laquelle !) n’était pas allée chercher une belle peau de chèvre pour l’étaler sur le sol devant le roi. Celui-ci sortit de l’eau, fit quelques pas, et ses pieds étaient toujours aussi propres. Mais il était arrivé au bord du tapis, et il aurait souhaité pouvoir visiter ainsi tout son royaume.
« Que l’on couvre mon royaume de tapis, ordonna-t-il. Ainsi, mes pieds seront toujours propres. »
A compter de ce jour, le roi eut toujours les pieds propres, mais personne ne vint plus le saluer quand il arrivait : les gens le regardaient de loin, l’air triste. Un an plus tard, il revint à la rivière pour y prendre un nouveau bain. Personne ne vint l’accueillir, mis à part une fillette (dois-je vous dire laquelle ?).
« Pourquoi les gens ne viennent-ils pas m’accueillir ? Et pourquoi sont-ils si tristes ?
- Ils n’ont rien à manger, répondit la petite fille. Tu as recouvert ton royaume de tapis en cuir et plus rien ne pousse.
- Que faire ? Dit le roi en regardant pensivement ses pieds propres. Je ne vais tout de même pas me salir les pieds en marchant !
- Une chance que je fasse marcher ma tête ! » soupira la fillette.
Elle revint quelques instants plus tard avec une paire de ciseaux. Elle découpa le tapis en cuir autour du pied gauche du roi, puis autour du pied droit. Puis, elle lia les petits morceaux de cuir aux pieds du roi avec des lacets de cuir qu’elle noua autour de sa cheville.
« Et voilà, dit-elle. Tu as maintenant tes propres morceaux de cuir aux pieds. Et tes pieds resteront propres où que tu ailles. »
C’est ainsi que fut faite la première paire de chaussures. Et bientôt, dans le royaume, on découpa les tapis en cuir.
Tout le monde eut sa propre paire de chaussures…. Et les pieds propres.
Le Lion fidèle !
Il était une fois un chef de tribu qui était bien cruel avec ses sujets. Ils devaient lui obéir aveuglement. C’est pourquoi ils lui faisaient offrande de leurs biens les plus chers et, le soir venu, ils dansaient pour lui, malgré leur extrême fatigue.
Un jour, un de ses sujets se rebella : il ne voulait plus se soumettre à ces ordres et décida de partir dans la savane.
« Tu seras une proie facile pour les animaux sauvages, lui dirent ses amis.
- Un homme intelligent arrive toujours à trouver une solution. Je préfère mourir plutôt que de continuer à vivre privé de liberté. »
Il décida de ne pas écouter les conseils de ses amis, prit donc sa lance et quitta le village. Dans sa colère, il partit sur le champ et vécut quelques jours dans la savane, se nourrissant de ce qu’il chassait et étanchant sa soif dans la rivière. Un jour, l’herbe se mit à ondoyer devant lui et des buissons sortit un énorme lion.
L’homme saisit sa lance et attendit un mouvement du lion. A sa grande surprise, le fauve ne l’attaqua pas, il s’arrêta et, tout en gémissant, lui tendit la patte. Alors, l’homme s’aperçut que le lion était blessé et qu’une longue épine était enfoncée dans sa patte.
« Le lion est un ennemi puissant, pensa l’homme, mais aider un ennemi tombé à terre et une preuve de noblesse. Je dois surmonter ma peur. »
Il domina sa peur et s’approcha doucement pas à pas. Il posa sa
Lance dans l’herbe, s’agenouilla devant le lion et retira délicatement l’épine. Ensuite, il banda la plaie d’un morceau de tissu arraché à sa propre chemise. Le lion, ayant compris que l’homme l’avait secouru, rugit en guise de remerciement et ne le quitta plus. Dès que sa patte fut guérie, il chassa aux côtés de son sauveur et l ‘amitié entre l’homme et l’animal grandit de jour en jour.
Au bout de quelques mois, l’homme et le lion décidèrent de retourner au village. Les habitants, terrorisés par le fauve, se cachèrent à leur approcher, mais l’homme leur dit qu’ils n’avaient rien à craindre. Le lion ne ferait pas de mal aux honnêtes gens, il était venu dans l’unique but de punir le tyran…
Le chef de tribu, comprenant qui son heure était proche, s’enfuit à toutes jambes et ne revint plus jamais au village. Depuis ce jour, tous vécurent en paix. L’homme sage fut élu chef de la tribu et la dirigea avec honnêteté et justice. Le lion protégeait le village des envahisseurs et chassait en compagnie de son ami les animaux qui suffisaient à nourrir le peuple.
La Princesse et le vent !
Or un jour d’été, le roi alla se promener dans le jardin. Il s’assit sous un arbre et s’endormit, sa couronne près de lui. Mais le Soleil, qui voyait tout ce qui se passait depuis le ciel dit :
« Je suis le maître de tout l’univers et je n’ai pourtant pas une si belle couronne ! »
Il tendit alors la main et s’en saisit.
Le bruissement de l’herbe réveilla le roi, qui se leva d’un bond mais il était trop tard : la couronne avait disparu dans les nuages.
Le malheureux roi rentra dans son palais par une porte dérobée et regagna ses appartements en secret car, sans sa couronne, il avait honte de ressembler à n’importe lequel des habitants de son royaume. Il s’enferma dans sa chambre et refusa de voir quiconque, même ses propres filles.
Mais celles-ci voulurent savoir pourquoi le roi se comportait ainsi. La benjamine interrompit son travail de broderie et se rendit chez le roi, tenant encore son aiguille entre ses doigts. Elle entra dans la chambre et demanda au roi :
« Que t’es-t-il arrivé mon Père, pour te cacher du monde entier ?
- Ne me demande rien, sinon tu recevras une correction ! » s’écria le roi caché derrière un paravent pour ne pas être vu.
Mais la jeune fille, sans la moindre peur, lui déclara d’un ton sévère :
« Je ne m’enfuirai pas pour quelques coups de bâton. Mais si tu ne me dis pas ce qui s’est passé, je m’égratignerai le visage avec l’aiguille que je tiens dans la main et je serai défigurée pour le restant de mes jours. »
Le roi, regardant par-dessus le paravent, vit que sa fille tenait en effet dans sa main une aiguille.
« Attends ! Cria-t-il. Je vais te dire ce qui s’est passé ! Tu trouveras peut-être une solution. »
Et il raconta sa mésaventure à la princesse.
« S’il en est ainsi, dit la jeune fille, j’irai voir le Soleil et je te rapporterai ta couronne. »
Le roi se réjouit. Et sa fille s’en alla à pied. Elle marcha longtemps, jusqu’à ce qu’elle arrive à une chaumière dans une forêt. Elle ouvrit la porte et faillit être emportée par le courant d’air.
« Ah, je sais à qui je rends visite, se dit-elle. Assurément, c’est la demeure du Vent. Mais il y a un tel désordre ! Je crois que je devrais me mettre immédiatement au travail. »
La jeune fille fit le ménage, mit la table et prépara le repas. La tâche n’était pas facile car il y avait un tel courant d’air que tout était arraché de ses mains.
Quand la nuit tomba, le Vent arriva. C’était un très beau et grand jeune homme qui plut à la princesse dès qu’elle le vit. Ce fut réciproque, bien entendu, car on ne rencontre pas tous les jours une si belle princesse.
Ils dînèrent ensemble et se mirent aussitôt d’accord : le Vent emporterait la princesse jusqu’au Soleil pour qu’elle puisse récupérer la couronne de son Père.
Le lendemain matin, le Vent prit la jeune fille dans ses bras et l’amena délicatement devant le Soleil.
« Soleil, je suis venue chercher ce que tu n’avais pas le droit de prendre ! Cria la princesse.
- J’étais dans mon droit, répondit le Soleil, car je suis le plus puissant souverain de l’univers. C’est donc moi qui doit posséder la plus belle et la plus précieuse des couronnes.
- Il y a du vrai dans ce que tu dis, reconnut la princesse, mais mon père est triste et pleure sa couronne alors qu’elle doit déjà te peser sur la tête.
- Tu as raison, dit le Soleil, car depuis quelques jours j’avance difficilement et ma tête penche ver la Terre…
C’est peut-être ma conscience qui me pèse. Prends donc la couronne et rends-la à ton père, je m’en ferai faire une autre plus légère et encore plus belle. »
La princesse le remercia et prit la couronne. Le Vent la ramena sur la Terre avec la même délicatesse.
« Je suis triste à l’idée de nous séparer, dit le Vent à la princesse.
- Mais il n’en est pas question ! Répondit-elle. Je ramènerai la couronne à mon père qui ne pourra alors rien me refuser. Il acceptera de nous marier. »
Et, en effet, le roi accepta. Les noces furent joyeuses et durèrent trente jours. Le couple vécut heureux et parcourut le monde en volant dans les airs.
Quant au roi, il prit désormais grand soin de sa couronne : il ne l’enleva plus jamais pendant la journée et, pour la nuit, il la déposait dans une malle fermée à trois verrous.
La lune qui était triste !
« Peut-être pourrai-je trouver dans le monde un être comme moi, aussi triste et seul », se dit la lune, et elle entreprit ses recherches. Elle examina toutes les cheminées en les éclairant à l’aide de ses rayons, elle fouilla la mousse dans les forêts, retourna les meules de foin, regarda chaque recoin de nuage - mais ne trouva rien.
Un jour - alors qu’elle avait cessé ses recherches, car elle était persuadée de ne trouver personne sur la terre et dans le ciel - elle aperçut une pelote blanche emmêlée, enfouie profondément, bien au-delà du sol. Cette pelote lui ressemblait. Elle gisait dans un petit puits, que l’on nomme une fontaine.
La lune se réjouit et étendit ses rayons jusqu’à la fontaine. Mais qu’était cela ? L’autre lui envoya ses rayons jusqu’à la surface de l’eau. Depuis ce jour, elles se rencontraient ici et étaient heureuses d’avoir fait connaissance.
Puis l’hiver arriva. La fontaine avait l’aspect du verre. Jour après jour la lune frappait sur la glace avec ses rayons et attendait impatiemment le printemps. Au début de cette saison, il y eut très peu d’eau. Les sources tarissaient et notre fontaine disparut. Lorsque la lune vint la voir le soir, il ne resta plus qu’un sombre ouverture et de la boue. Où était sa camarade - la lune tranquille de la fontaine ?
La lune du ciel ne voulait plus rester seule, elle était trop triste.
« Comme tu es bête, disaient les étoiles en riant, tu trouveras des camarades dans chaque étang, dans chaque mare !
Quant aux gorges des vallées, il est inutile d’en parler ! »
La lune regarda les étangs, les gorges des vallées et les mares. Que d’étoiles célestes elle y voyait ! Et des lunes également. Mais elles étaient si tremblantes, agitées et se retournaient sur chaque grenouille qui sautait dans l’eau. Et comme les nuages qui les auréolaient étaient nombreux !
« Ce n’est pas ce que je cherche. L’amie que j’avais trouvée était enfouie très profondément dans le sol », répondait la lune et elle errait dans le ciel comme une brebis perdue.
« La lune n’a pas bonne mine, qu’a-t-elle donc ? » se demandaient les êtres humains, mais personne ne put répondre. Tous avaient leurs soucis et peu de temps pour prêter attention aux étrangers.
Un jour, un homme accablé de soucis se rendit au bord d’un fleuve et secoua son chapeau au-dessus de l’eau afin de les éloigner, sinon il aurait perdu la tête. Et, tout à fait par hasard, il leva la tête au ciel. La lune ne bougeait pas. Elle ne pensait même pas à lui faire un signe, car elle était soucieuse.
« Tu sembles bien triste, mon amie, Viens avec moi, nous allons nous promener en ville afin de te changer les idées », dit l’homme. Il attrapa un rayon, l’entoura autour de son doigt et ils allèrent se promener. Tout d’abord, la lune ne voulut pas se laisser mener. Était-elle un petit chien ? Puis elle se dit : « Ah, qu’importe, je suis triste », Et elle cessa de tirailler son rayon.
Pendant ce temps, l’homme pensait et il trouva pourquoi la lune était triste.
« Ce n’est pas bon d’être seul », se dit-il. Il tira la lune par un rayon et la fit rentrer dans une pièce par la fenêtre ouverte. Là se trouvait un grand miroir délaissé qui, lui non plus, n’avait pas d’ami. En entrant dans la chambre, la lune rayonna. Elle découvrit une autre lune paisible, heureuse ; celle de la fontaine. Tout allait bien de nouveau.
Depuis ce jour, la lune se glisse tous les soirs dans cette chambre. Elle retrouve le chemin toute seule.
Bonjour tout le monde !
Comme promis, voici quelques photos de ma rencontre d'avec Aglaé, ma fille de coeur, moments superbes et pleins de tendresses malgré les apparences parfois trompeuses !
Aujourd'hui j'ai un peu le blues car après avoir été 6 dans la maison pendant 3 jours nous nous retrouvons que tous les deux et avec le temps qu'il fait le moral n'y est guère ! En plus je me suis fâchée avec Tao ce qui n'arrange rien !
J'espère que ce petit diaporama vous plaira en attendant de voir celles d'Aglaé, car je ne me suis pas permis de mettre ses filles sur mon blog alors elle, vous les montrera peut-être sur le sien !
Je vous embrasse tous et toutes, et demain promis je reviens avec mes histoires drôles de Sidonie et mes contes avec Windy !
Bon après-midi pluvieux ici et démoralisant !
Allez profitez bien de ce diapo à demain mes amis !
Bonjour mes amis, et bien voilà le grand jour est arrivé ! Après ma rencontre d'avec P'titcoeur en juillet 2008,
aujourd'hui c'est la grande rencontre avec ma fille de cœur et de toute sa petite famille, j'en trépigne tellement que j'ai hâte qu'ils soient là, car Aglaé est vraiment la fille que j'aurais aimé avoir si je n'avais pas perdu la mienne !
Gros gros bisous à bientôt à tous et à toutes et bon week-end à tout le monde !
La petit poule rousse !
« L’un de vous peut-il m’aider à planter ce grain de blé ? »
Mais ses amis étaient des paresseux !
« Je ne peux pas, je dors ! Mentit le canard en fermant les yeux.
- Moi non plus ! Dit le chat en bâillant.
- Et moi encore moins ! Jappa le chien.
- Tant pis, nous le ferons nous-mêmes ! » répondit la poule.
La petite poule rousse et ses poussins plantèrent la graine. Elle germa et donna une grande et belle tige verte. Puis elle mûrit et prit une jolie couleur dorée. Elle était prête pour la récolte.
« Qui va m’aider à couper cette plante ? Demanda le petite poule rousse.
- Je ne peux pas dit le canard avant de plonger dans la mare.
- Moi non plus, renchérit le chat en s’enfuyant.
- Moi je mange ! » grogna le chien en courant avec son os.
Alors la petite poule et ses poussins coupèrent la tige tout seuls. Ceci fait, il était temps de battre et de trier les grains de blé. La petite poule rousse décida de rendre une nouvelle visite à ses amis
« Qui voudrait battre le grain avec moi ?
- Certainement pas moi, répondit le canard en attrapant un ver de terre.
- Moi non plus, ajouta le chat, trop occupé à poursuivre une souris blanche.
- Moi encore moins. » s’offusqua le chien.
La petite poule rousse et ses poussins furent tout faire eux-mêmes.
Maintenant le blé était fin prêt à être moulu !
« Qui sait s’occuper du blé ? Demanda la poule.
- Désolé, je suis en train de pêcher ! Dit le canard en se prélassant dans la mare.
- Moi je préfère rester près du feu, rétorqua le chat.
- Je dois garder la maison, se vanta le chien resté derrière la barrière de la ferme.
Nous nous débrouillerons tout seuls », déclara la petit poule rousse.
Sans plus attendre, elle partit moudre le blé avec ses poussins.
La farine fut bientôt prête, il ne restait plus qu’à préparer le pain !
« Pouvez-vous faire le pain avec moi ? Interrogea la petite poule rousse.
- Pas moi, dit le canard.
- Moi non plus, dit le chat.
- Moi encore moins, ricana le chien.
- Cela ne fais rien. » dit la petite poule rousse.
Une fois de plus, elle ne put compter que sur ses valeureux poussins ! Elle mélangea l’eau à la farine pour préparer la pâte.
Puis elle mit la pâte dans le four et, très vite une délicieuse odeur se répandit hors de la cuisine. Le pain était cuit. Encore tiède il n’attendait plus que d’être dégusté.
« Qui veut manger de ce délicieux pain ? Demanda la petite poule rousse.
- Moi ! S’exclama le canard.
- Moi aussi ! S’enthousiasma le chat.
- Ne m’oubliez pas ! » aboya le chien.
La poule rousse se fâcha !
« Aucun de vous n’a daigné m’aider à planter, couper, battre ou moudre le grain. Et personne n’était là non plus pour faire cuire la pâte ! C’est pourquoi seuls mes poussins et moi mangerons de ce délicieux pain. »
Toute la petite famille se mit à table. Par la fenêtre, le canard, le chat et le chien regardèrent la petite poule rousse et ses poussins se régaler de belles tranches dorées. Quel repas succulent ! Ils n’avaient sans doute jamais mangé un aussi bon pain !
Bisous et bonne nuit mon amie à bientôt ! read more
on Aimer, c'est préférer un autre à soi-même. Paul Léautaud